Un jeudi de grève
Je pense que vous avez à peu près compris pourquoi les ANPE étaient en grève aujourd'hui... non ce n'était pas pour protester contre les 8 agneaux et 3 brebis éventrés par des chiens errants une nuit de la semaine dernière aux Plomarc'h (nb : faites qq chose contre les clébards!!!!!!!!!!), ni contre la sortie du dernier album de Zazie ou les prix remportés par Bénabar aux dernières victoires de la musique... En gros il en va du maintien du service public : il s'agit de s'opposer à un décret qui, entre autres conneries, crée des filiales à but commecial pour vendre les services de l'anpe à des entreprises... A créer des filiales, ce que l'on vise c'est le démantèlement progressif de l'ANPE... Je ne développe pas, en lien vous avez le blog de Patrick Salmon ou tout cela est mille fois mieux expliqué...
En tout cas, on voit bien la différence de vision entre Sarko et Ségo sur l'ANPE. Sarko retient que les demandeurs d'emploi sont reçus "une fois tous les 6 mois" comme il l'a dit dans l'émission d'Arlette Chabot et met dans le même sac les conseillers qui ne foutent rien et les chômeurs qui ne cherchent pas ; il les désigne aiinsi comme co-responsables du chômage. Ségo a une réflexion plus cohérente, si elle reconnaît des améliorations souhaitables, elle affirme son attachement au service public.
Extrait de son livre sorti cette semaine :
Malgré les efforts réalisés pour la moderniser, l’Agence nationale pour l’Emploi ne remplit pas ses fonctions. Son ouverture totale à la concurrence en juillet 2007 est-elle une bonne solution ?
Il ne faut quand même pas mettre sur le dos de l’ANPE la responsabilité du chômage ! Ses agents font un métier difficile dans des conditions qui sont loin d’être idéales, comme le raconte Fabienne Brutus dans son livre Chômage, des secrets bien gardés (Jean-Claude Gawsewitch, 2006) où elle conteste les radiations expéditives des demandeurs d’emploi et la manière dont les personnels de l’Agence seraient obligés de dégonfler les statistiques par tous les moyens. Etre quotidiennement au contact de l’angoisse des chômeurs, c’est humainement lourd à porter. Cela dit, il faut effectivement que l’ANPE évolue. Ce n’est pas la mise en concurrence qui réglera les problèmes, d’ailleurs cette concurrence existe déjà avec les agences d’intérim. Je crois que c’est plutôt en améliorant et en rendant plus cohérent l’accompagnement individualisé des chômeurs qu’on gagnera en efficacité. Aujourd’hui, tout est encore trop fractionné : l’indemnisation avec les Assedic, la formation avec l’AFPA, la recherche d’emploi avec l’ANPE, cela fait beaucoup de guichets et de discontinuité. Mais les évolutions nécessaires ne doivent pas être imposées d’en haut, de manière technocratique et autoritaire. Il faudra négocier avec les partenaires sociaux dans la perspective d’un service public de l’emploi unifié, pour optimiser le travail des différents acteurs de la politique de l’emploi. Sans oublier les Régions qui doivent jouer un grand rôle dans la formation car elles sont plus près des besoins sur le terrain. Pour moi, tout cela est lié à la mise en place d’une véritable couverture professionnelle universelle qui sécurisera les parcours des salariés et des demandeurs d’emploi et suppose d’aller vers un interlocuteur unique. C’est dans le cadre de la mise en place de cette nouvelle sécurité sociale professionnelle, sur laquelle la CGT et la CFDTont beaucoup travaillé, que le rôle de chacun pourra être utilement redéfini et le service public doté des moyens humains et matériels nécessaires à son efficacité.
Alors Ségo, arrête de délirer sur le drapeau et parle-nous encore de l'emploi!!!