Présence humaine

Publié le par lolo

En sirotant une Adelscott après un tennis où j'avais, une fois de plus, exterminé Laurent Le Goff sur le central de Guengat, nous écoutions cet après midi avec mon malheureux adversaire l'album de Michel Houellebecq, Présence Humaine, sorti en 2000.
Cet album, quelqu'un me l'a prêté, puisqu'il orne mon étagère à CD. Je ne me souviens plus qui. Peut être mon cousin Nicolas? En tous cas, le prêteur peut et doit me réclamer ce disque.
Si Grand Corps Malade parle de la banlieue, de sa vie et de ses blessures de sa voix grave, Michel Houellebecq prend lui aussi un ton habité pour parler des touristes allemandes en village vacances, des trains de banlieue qui desservent Dourdan ou Louveciennes, et des cadres moyens qui peuplent ces trains. Il invente le rap mou avec ce magnifique album sorti en 2000. Dans ce disque, il met en musique d'anciens poèmes, accompagné par Bertrand Burgalat et son groupe pour un arrière plan assez rock (autre comparaison possible : Katerine accompagné aujourd'hui sur scène par les Little Rabbits). Il réalisera même une tournée des plages avec ce même groupe pour fêter ça.
Imaginez vous aux sables blancs, ou même à Kervel, un groupe s'installe et un chanteur au Petit Corps Bien Portant -quoique rendu légèrement pateux par l'alcool - se saisit d'un micro et annone d'une voix atone "Dans le train direct Paris-Dourdan / Une jeune fille fait des mots fléchés / je ne peux pas l'en empêcher") et là c'est le drame laissez nous profiter des vagues, du soleil, cassez-vous merdeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee....
Sur ce disque de 44 minutes 59, 5 des dix morceaux au moins sont à garder. Est-ce parce que j'ai été (très brievement et dans une autre vie) un cadre très moyen  que ce disque fait un tel écho chez moi??? Peut-être. Je me revois, embauché chez Hertz France SA, attendre le train de banlieue sur le quai de la gare de Trappes. Ce sont mes meilleurs souvenirs de cet emploi; je partage un paquet de barquettes à la fraise avec un jeune maghrébin. A la gare se croisent les jeunes de la cité et les costards cravates. Une heure plus tard je débarque à Montparnasse. Une journée plus tard je quitte ce bulot de merde.
De même, la chanson "Les pics de pollutions", meilleur morceau de l'album, me ramène 10 ans en arrière : "Tu déjeuneras seul / d'un Panini saumon / dans la rue de Choiseul / et tu trouveras ça bon".
En 1996, avant de passer 10 mois à faire le guignol au bureau des Ressources Hunaines du 41e regiment d'infanterie à Châteaulin, j'effectue un stage de 6 mois à Radio France à Paris. J'attends beaucoup de ce stage : Bernard Lenoir, le monde du show-biz... Je passe complètement à côté, je sors tous les soirs avec les potes, je suis complètement fracassé en journée, au bout d'un mois je n'ai plus rien à faire, je n'ai plus envie de rien faire, je ne sollicite rien et je reste... pour toucher chaque 31 du mois les 5000 et quelques francs qui me permettent de survivre dans cette orgiaque vie parisienne. Dans la maison ronde, je ne suis qu'une ombre. Très vite, je pars seul le midi dans les rues de Paris, mangeant un panini dans le métro, descendant au hasard et marchant dans les rues. A l'occasion je fais un squash ou partage un stick mais c'est plus des midis d'errance que je me souviens aujourd'hui.
Cette vie n'était pas faite pour moi. Rien que le costard, je me sentais déguisé, j'étais mal à l'aise, pas moi même. Le soir, je revivais. Michel Houellebecq, l'ancien informaticien, a t'il éprouvé ces sentiments? Mystère, mais sa poésie urbaine ciblée "cadres stressés"  vaut le détour, même si elle ne touchera pas tout le monde...
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Publié dans Music kills me

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Commenter cet article
L
le film est sorti, un gros film allemand de merde parait-illlg peut bien sur te faire suivre le book!!!
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F
paraît qu'ils vont faire un film des Particules... je pensais dep un moment t'emprunter Extension ... LLG peut me le prêter?
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