La parole à Fanch
La dédicace du samedi 16 décembre à la librairie-presse Amiot d’Hennebont était l'occasion de revenir sur des terres qui m'avaient porté chance :
la vente de mon premier bouquin eut en effet lieu à qq mètres de là, au bar "Le vieux logis". J’avais pris le livre pour le montrer (et le vendre !) à mon pote Hervé et c'est un client qui est parti avec ! Vous savez, le genre pilier de bar qui vous tient la grappe par des propos incohérents, ponctués de force clins d’œil, rires gras et tapes dans le dos. Intrigué par le livre, il est venu vers nous ; on a cru comprendre qu'il voulait l’acheter, sans même l’avoir feuilleté (il a juste fixé la couverture pendant 20 secondes d’un air dubitatif). Du lard ou du cochon? Finalement après avoir farfouillé un bon quart d'heure dans les poches de sa veste jean, il en a extrait un billet de vingt euros. «Tiens mon gars!». Une dédicace là-dessus et hop, il était temps de filer doux avant qu’il ne change d’avis…
La seconde incursion à Hennebont, près d'un an après, ne fut pas à la hauteur : d’accord, mê résultat d'un point de vue comptable (UNE vente), mais ds le cadre organisé et prometteur d'une dédicace avant Noël on pouvait légitiment espérer mieux ! Le public n'était pas vraiment celui qu'on attendait, essentiellement une clientèle de PMU, franchissant rarement la frontière entre la partie presse/tabac/loto/papeterie et la librairie du fond; rien qu'en voyant les silhouettes se dessiner derrière la porte vitrée, l'affaire semblait entendue : moyenne d'âge dépassant largement la cinquantaine, très peu de notre génération, mecs en survèt, accros des jeux de hasard, pas vraiment la fine fleur quoi... Force est de constater que les gens ne viennent pas ici pour des achats culturels... Le libraire m'avait pourtant promis des clients ! On peut s'étonner qu’il se soit lancé sans hésitation ds l'aventure alors qu'il n'a pas la clientèle pour ça. J'ai peutê mal jaugé l'endroit mais je me suis heurté à tellement de réticences lors des démarches passées que lorsque quelqu'un se montre pour une fois enthousiaste il n'y a pas de raison d'être à son tour méfiant; j'avais été séduit par le côté convivial et la couverture presse que le libraire mettait en avant; or les promesses ne furent pas vraiment tenues: tout le monde passait devant nous dans l'indifférence générale, notre table était dans l'alignement de la caisse (ce qui fit qu'à deux reprises on nous a pris pour du personnel !) alors qu'on devait être en face (mais le libraire a eu la flemme de déménager sa batterie de cartes postales). Point "d'article de fond en page culturelle Lorient" comme cela était prévu, mais simplement un ptit entrefilet en page Hennebont le jour J. Pour relativiser l'échec, on relèvera qu'on reste finalement dans la moyenne de "Une vente à un inconnu lors d’une dédicace" déjà éprouvée à Libr'Ys et Privat. Là, nous avions mobilisé notre réseau, quasi épuisé ici; mais nous comptions en échange sur l'effet Noël qui s'est avéré nul puisque le seul achat fut celui d'une dame pour les 33 ans de son fils ! Et encore cette vente fut conclue dans les arrêts jeu de la matinée, à 12h30, heure à laquelle on s'était donné rdv avec Delphine, sinon...
Nb : Bon anniversaire Fanch!!! (10 janvier!!!)